Abstrakt
L’étude explore la fonction de la religion comme une véritable „politique” du salut dans l’exil, à travers l’exemple de l’écrivain roumain Vintilă Horia (1915–1992). L’exil, thème central de son œuvre, n’est pas seulement une expérience existentielle mais également une réalité géopolitique qui détermine une quête d’identité et de transcendance. L’auteure analyse la manière dont Horia transforme l’expérience de l’exil en itinéraire spirituel, où la religion devient un instrument de survie et de régénération intérieure. Le but de la recherche est de mettre en lumière les modalités par lesquelles la foi et la symbolique religieuse structurent la vision du monde de Vintilă Horia et façonnent ses personnages. L’étude repose sur une analyse textuelle des principaux romans de l’auteur, notamment Dieu est né en exil, Le voyage à San Marcos, Une femme pour l’Apocalypse, Les Clefs du crépuscule et Les Impossibles. Les méthodes utilisées relèvent de l’approche thématique et symbolique, combinant l’analyse littéraire à la perspective comparatiste, afin de situer l’écrivain dans le contexte plus large de la littérature de l’exil européen. Les résultats révèlent trois dimensions majeures de la religiosité chez Horia: le pèlerinage comme métaphore de la quête spirituelle et identitaire; la religion comme évasion et mode de salut face au temps historique; et enfin, l’amour spirituel, incarné dans la figure féminine assimilée à la patrie. À travers ces motifs, l’écrivain construit un univers où le salut, la foi et la mémoire deviennent des moyens de résister à la perte et à l’aliénation. En conclusion, Georgeta Orian démontre que, pour Vintilă Horia, la religion dépasse la sphère dogmatique: elle constitue un principe vital de re-création de soi et de continuité culturelle dans l’exil.
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