Alzacja i Lotaryngia w latach 1940-1945
Okładka czasopisma Czasopismo Prawno-Historyczne, tom 21, nr 1, rok 1969
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Słowa kluczowe

germanisation de l’Alsace et de la Lorraine
politique d’occupation du IIIᵉ Reich
protestations du gouvernement de Vichy
service militaire forcé dans la Wehrmacht
déportations et répressions

Jak cytować

Janasz, T. (1969). Alzacja i Lotaryngia w latach 1940-1945. Czasopismo Prawno-Historyczne, 21(1), 49–92. https://doi.org/10.14746/cph.1969.21.1.03

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Abstrakt

 

Les clauses de l’armistice franco-allemand du 22 juin 1940 ne stipulèrent aucune cession d’une partie quelconque du territoire français. Bien sûr, il ne s’agissait lors de l’armistice que d’une trêve des opérations militaires et non pas d’un traité de paix, mais de toute façon les autorités nazies et Hitler lui-même ne faisaient, avant le mois de juillet 1940, aucune allusion directe aux revendications allemandes sur l’Alsace et la Lorraine.

La réalité fut bientôt tout-à-fait autre. Le 2 août 1940 Hitler nomma Robert Wagner et Joseph Bürckel, „gauleiters” respectivement des provinces de Bade et de Sarre-Palatinat, comme chefs de l’administration civile en Alsace et en Lorraine. Rapidement les trois départements du Haut-Rhin, du Bas-Rhin et de la Moselle furent rattachés aux provinces de Bade et de Sarre-Palatinat, quoique selon les termes de l’armistice ils dussent rester sous l’occupation des troupes allemandes, comme le reste de la zone dite occupée.

Malgré les multiples protestations, élévées au nom du gouvernement de Vichy par la Délégation française auprès de la Commission allemande d’armistice et qui faisaient cas de la violation tant des clauses d’armistice que de la souveraineté de l’Etat français lui-même, ainsi que du droit international — le gouvernement nazi poursuivait en Alsace et en Lorraine son oeuvre de germanisation complète de ces territoires.

Les protestations du gouvernement du maréchal Pétain ne furent jamais publiées et l’opinion française, comme celle des pays alliés et des pays neutres n’en su jamais rien. La population des trois départements de l’Est en fut profondément touchée et perdit toute foi non seulement dans la bonne volonté du gouvernement de Vichy, mais aussi ne put plus croire à sa légitimité.

Tous les Français installés en Alsace et en Lorraine depuis l’armistice du 11 novembre 1918, comme tous les Juifs et les étrangers, même naturalisés Français, furent expulsés de leurs provinces dès 1940 ou au commencement de l’année 1941, ne pouvant prendre avec eux que 50 kg de bagage et 2000 francs. Leurs biens furent confisqués par les autorités allemandes. Ces expulsions vers la zone dite libre furent d’ailleurs entreprises sans aucun avis préalable donné au gouvernement français par le gouvernement du Reich.

D’autres expulsions, autrement dangeureuses, suivirent bientôt. Les Alsaciens et les Lorrains jugés indignes de demeurer dans „la marche frontière” furent déportés dans le „Altreich” où ils devaient subir une „rééducation dans l’esprit national-socialiste”.

La Commission allemande d’armistice demanda en outre au gouvernement de Vichy de libérer immédiatemment les Alsaciens et les Lorrains retenus dans les camps de jeunesse et dans l’armée d’armistice, comme ceux qui furent internés en Suisse au mois de juin 1940 avec d’autres soldats français. Malgré ses réticences, le gouvernement de Vichy se plia aux exigences allemandes, qui n’avaient aucun fondement légal.

La germanisation des trois départements de l’Est fut menée à un rythme accéléré. Elle atteint toute la vie publique et même la vie privée des habitants de ces provinces. Les noms de famille et les prénoms devaient être germanisés, ainsi que les appellations des rues, des villes, des villages, des entreprises etc. On ne pouvait faire usage que de la langue allemande, l’emploi de la langue française étant défendu partout, entre autres dans les établissements scolaires. Les jeunes Alsaciens et les jeunes Lorrains furent obligés de devenir membres des jeunesses hitlériennes (HJ et BDM). Depuis le mois d’août 1942, les habitants de ces provinces purent obtenir la nationalité allemande s’ils étaient appelles sous les drapeaux (dans la Wehrmacht ou la sinistre Waffen-SS) ou en „donnant la preuve” de leurs sentiments pro-allemands. Cette loi, l’unique réglement sur l’Alsace et la Lorraine, publiée comme loi de l’Etat (du Reich) — en préparait une autre bien plus dangeureuse. Les jeunes hommes des trois départements de l’Est durent servir, depuis 1942, dans l’armée nazie et se battre contre leurs propres compatriotes et leurs alliés. Aussi le nombre des conscrits réfractaires fut très élevé. Les jeunes gens s’enfuyaient — surtout en Suisse ou en zone libre, malgré les mesures entreprises par les autorités allemandes pour enrayer ces fuites et qui touchaient les familles des réfractaires.

Outre toutes ces mesures qui devaient faire des territoires annexés une terre „purement allemande” — d’autres encore furent prises p.e. dans le domaine économique. L’église catholique et l’église reformée subirent, elles aussi, nombre de vexations de toute sorte.

Deux camps de concentrations, ceux de Schirmeck et de Struthof permirent à la Gestapo de sévir contre les „criminels politiques” de l’Alsace et de la Lorraine. Dans ces camps furent placés aussi des gens d’autres nationalités, comme les Polonais et les Russes.

Pendant toute l’occupation les autorités nazies procédèrent à l’aide des faits accomplis, ne voulant sans doute pas, avant un traité de paix conclu avec la France, donner de fondement légal à cette „annexion déguisée”. Le gouvernement de Vichy, s’appuyant sur ses droits légaux, ne faisait rien d’autre de son côté que d’élever des „protestations solennelles” qui se heurtaient à un silence le plus complet des nazis. Et il faut dire que le gouvernement de Pétain, auprès duquel maints postes diplomatiques étaient accrédités, entre autres ceux des deux grandes puissances (L’URSS et les USA) — ne fit rien pour leur faire savoir officiellement que l’annexion de fait de l’Alsace et de la Lorraine avait eu lieu.

Malgré leur situation particulièrement pénible les Alsaciens et les Lorrains, profondément attachés à la patrie française donnèrent des preuves éclatantes de cet attachement.

La population de ces provinces, libérée à la fin de 1944 et au commencement de l’année 1945 par l’armée du général de Lattre de Tassigny — montra par son „plébiscite des drapeaux” une fois encore que sa seule patrie est la France.

https://doi.org/10.14746/cph.1969.21.1.03
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