Abstrakt
Parmi les écoles luthériennes de l’ancienne Pologne, celle de Toruń, fondée en 1568, prenait toujours une place de choix. Depuis la fin du XVIe siècle cette Académie de Toruń (gymnasium academicum vel illustre) allait prendre pour modèle celle de Jean Sturm à Strasbourg. Grâce à l’activité inlassable du grand bourgmestre de la ville Henri Stroband (1548 - 1609), le collège de Toruń fut magnifiquement amenagé et doté à l’aube du XVIIe siècle. Entre autres on fonda une grande bibiothèque, l’imprimerie de l’école et une sorte de bourse pour la jeunesse protestante arrivant à Toruń souvent de très loin. De cette façon, Toruń devenait rapidement un foyer considérable de la culture protestante en Pologne et devait, déjà dans la première moitié du XVIIe siècle, faire venir des élèves de toutes parts par un réel éclat de l’enseignement (L’État Polono-Lithuanien, la Hongrie, les pays allemands etc.). Le collège thorunien fut la fondation de la bourgeoisie de la ville. Le patriciat gouvernant la ville gardait grâçe aux privilèges des rois polonais sa personnalité propre, mélange d’une tradition d’origine allemande et d’attitude d’une minorité confessionelle. Parmi les élèves pendant un certain temps ce fut la domination des fils de la noblesse polonaise et des étrangers, venant avant tout des pays de la Maison des Habsbourgs afin de trouver à Toruń a liberté religieuse régnant à alors en Pologne.
L’article tend à présenter l’évolution du programme et de l’activité didactique et scientifique des professeurs de l’école de Toruń dans domaine de la science juridique et de la politique demeurant toujours obstinément à l’ombre d’Aristote. Pour Sturm l’école devait être avant tout l’instrument de l’éducation religieuse. A Toruń, graçe à l’initiative de Stroband, on enseignait à la jeunesse les sciences juridiques et politiques pour faire de l’école un seminarium Ecclesiae et Reipublicae. Ce fut donc un enseignement à la fois secondaire et supérieur reposant sur une large culture générale. Hélas, de plus en plus l’éducation s’en tenait obstinément à l’horizonlatin. Pourtant, pour un fils de bourgeois moyens ou pauvres ce latin omnipotent, introduisant dans le monde de la culture, ce fut l’unique moyen d’accéder aux dignités de l’église ou de la ville. L’école de Toruń, après l’épanouissement dans les premières dizaines d’années du XVIIe siècle, passera des époques moins heureuses mais restera toujours un foyer d’enseignement du premier rang jusqu’à la fin de l’époque des rois saxons, en Pologne (1763).
L’article s’occupe pour la première fois d’une façon détaillée sur l’enseignement et des écrits du cercle thorunien du XVIIe et XVIIIe siècles entrant dans le cadre de la science juridique et politique. Ce fut dans la „classis suprema” qu’on enseignait des éléments du droit romain (Elementa Jurisprudentiae Romanae ex Institutionibus Justinianeis). La politique et l’éthique d’Aristote traitées quelque temps secundum Lipsium devaient de la fin du XVIIe s. rester sous l’influence de la pensée de Grotius et Pufendorf. Au collège de Toruń on faisait aussi raisonner des élèves sous la présidence des professeurs qui publiaient ensuite des textes des disputes. L’école organisait encore au XVIIe siècle une sorte de manifestations publiques à mi-chemin du théâtre écolier et non sans intérêt pour l’enseignement de droit (actio forensis vel palestra declamatoria tirant des sujest avant tout des écrist de Cicéron). Ce ne fut qu’à l’époque du recteur König (les années 1667-1681) qu l’école sortit du cadre magique de la politique d’Aristote et les noms de Grotius, Hobbes, Leibniz et Pufendorf devaient paraître dans l’enseignement. Depuis 1678 König enseignait d’après Pufendorf De Officio hominis et civis. Cette direction devait être continuée plus tard par le professeur Arnd dirigeant p. ex. dans les années 1717-1718 un cycle de débats intitulé Collegium Pufendorfianum et J. P. Schulz, vicerecteur depuis 1711, qui introduisait à Toruń les maîtres éminents de l’école allemande du droit naturel (Thomaius, Cocceji, Wolff) et s’intéressait particlièrement à l’étude du droit public polonais. L’enseignement juridique à Toruń n’égalait pas celui de Gdańsk et n’allait plus loin que l’enseignement analogue dans les collèges jésuites en Pologne. Tout cela n’empêche pas qu’on trouve dans la galerie de professeurs du collège thorunien quelques personnalités éminentes. C’est Ch. Hartknoch enseignant à Toruń de 1677 jusqu’à sa mort en 1687 qui fut la gloire de l’école pour ce qui concerne l’histoire et le droit publique de la République nobiliaire polonaise. Il devait son autorité à la publication de l’ouvrage Respublica Polonica duobus libris illustrata — (I ed. 1678). Une mention particulière est due à l’activité scietifique de J. P. Schulz (1680-1753), juriste d’origine allemande qui travaillait inlassablement dans l’intérêt de la culture polonaise. En guise de conclusion, l’auteur constate que Toruń fut foyer régional vivant dont l’activité scientifique aux XVII et XVIII s. reste digne d’intérêt.
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