Abstrakt
Le terme: „materfamilias” fut employé, dans la littérature romaine dans plusieurs sens. On en peut révéler au moins six significations diverses, dont deux, la femme in manu et la femme sui iuris, ont même le sens tout à fait opposé.
Les romanistes attachaient en général relativement peu d’attention à la question du sens exact et de l’évolution du mot „materfamilias”, ne touchant ce problème que d’une façon marginale. Ce ne furent que Kunkel et Carcaterra, qui l’ont soumis à une analyse plus précise. Il y a cependant entre eux une différence de vues essentielle en ce qui concerne la date de l’apparition de la notion de la materfamilias — femme sui iuris, et de la disparition de la signification ancienne de la materfamilias — femme in manu.
Dans sa première partie, l’article s’occupe des sources d’après lesquelles l’attribution du terme materfamilias s’attache au changement de l’appartenance agnatique de la femme mariée (p. ex. Cicero, Top. 3, 14, Gellius, N. A. 18,6, Boetius, In top. 3, 14, Festus, s. v. „Materfamiliae”, Gellius N. A. 5.19. 9, Proculus, D. 1.7. 44). Et c’est d’ailleurs le plus ancien sens de ce mot.
La seconde partie de l’article est consacrée aux sources — surtout celles de l’époque classique — selon lesquelles la „materfamilias” avait signifié la femme sui iuris (Lib. sing. 4.1, Ulpien D. 1.6.4, D. 38.17.1. pr. et 1, D. 1.7.25. pr., D. 47.10.1.3, Julien D. 24.3. 30. pr. et 1, D. 35. 2. 86; Africanus D. 24.3. 34, Q. C. Scaevola D. 32. 41. 7, Th. 1. 22.1). En particulier met en question la thèse de Carcaterra, qui en prétendant que la signification „materfamilias” — femme sui iuris, n’apparût que dans les sources de Justinien, considère comme interpolés tous les fragments de Digeste, où ce mot apparait.
La troisième partie de l’article traite des sources qui donnent au nom de „materfamilias” la signification d’une femme menant la vie conforme aux bonnes moeurs. Les fragments d’Ulpien (D. 43. 30. 3. 6. oraz D. 50. 16. 46. 1) sont ici les plus caracteristiques. Le nom „materfamilias” apparait ici surtout en liaison avec la responsabilité du délit d’injure et de celui de moeurs.
Ensuite l’auteur essaye à préciser le temps où le terme, qui nous intéresse, a cessé d’être reservé à la femme in manu pour devenir l’appellation de la femme sui iuris. En examinant les textes concernant l’adrogation (Gellius N. A. 5.19.9, Proculus D. 1. 7. 44 et Gai 1. 99), l’auteur arrive à la conclusion, que l’ancien sens de materfamilias a disparu entre la première moitié du Ier et la moitié de IIe siècles. Justement dans les textes de cette période le nom de „materfamilias” commence à signifier la femme sui iuris.
Il est bien significatif que la disparition du sens ancien de la materfamilias se produit exactement à l’époque où disparait le mariage mettant la femme sous l’autorité de son mari, c’est-à-dire où l’institution du mariage romain subit une profonde transformation.
Le droit de tester accordé au début du IIe siècle (sous Hadrien) à toutes les femmes sui iuris a été la cause directe de l’introduction de la nouvelle signification de la materfamilias — femme sui iuris. La situation antérieure, où le droit de tester appar’enait seulement à ces femmes sui iuris, qui ont auparavant reçu la position de la materfamilias à la suite de la conventio in manum (ne fut ce que par 1’apparent coemptio testamenti faciendi causa) a du être nécessairement gravé dans la conscience juridique encore à l’époque postérieure de Hadrien. Les deux fragments de Julien (D. 24. 3. 30.1, D. 35. 2. 86) et un d’Ulpien (D. 1. 7. 25. pr.), où le nom „materfamilias” se montre liée avec le droit de tester des femmes ainsi appelées, en donnent la preuve.
À la suite de la transformation de l’organisation agnatique de la famille romaine aussi que de la modification de la situation juridique de l’épouse de son chef, le mot „materfamilias”, s’il devait être soutenu, a du changer sa signification primitive.
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