Abstrakt
L’immunité économique de la Poméranie Occidentale, autrement que dans les autres territoires de la Pologne médiévale, ne fit pas encore objet des recherches, ni des savants polonais, ni allemands. Le présent ouvrage tend à présenter le développement des exemptions des prestations et des servitudes dans les limites chronologiques s’étendant jusqu’en 1295, c’est-à-dire jusqu’à la division de la Poméranie en deux provinces qui — dès lors — se développaient séparément: celle de Szczecin et celle de Wolgast. Les privilèges judiciaires et ceux concernant les monopoles du prince font l’objet de travaux séparés du même auteur.
Les chartes, concédant lès exemptions économiques à l’Eglise apparurent en Poméranie Occidentale au début du quatrième quart du XIIe siècle, c’est-à-dire quelques dizaines d’années plus tôt que les exemptions judiciaires. Ce n’est qu’exceptionnellement que l’évêque et le chapitre de Kamień avaient en 1176 obtenu l’immunité judiciaire en même temps que l’immunité économique. Un développement plus intense des immunités se laisse, cependant, observer au XIIIe siècle seulement, lors du régne de Barnim I (1220—1278); c’est alors qu’il atteint son apogée. Dans les biens des chevaliers l’immunité se développait surtout depuis la moitié du XIIIe siècle, et les exemptions des villages appartenant aux villes se concentraient dans le dernier quart de ce siècle. En ce qui concerne encore la chronologie, il faut noter que les exemptions poméraniennes avaient lieu dans le même temps que les immunités en Pologne.
Nous avons pu examiner de nombreuses chartes concernant 105 concessionnaires d’exemptions (51 ecclésiastiques, 45 laiques et 9 villes).
Le matériel diplomatique est donc assez abondant, mais les chartes sont en général peu explicites et les formules d’exemption très sommaires. Par conséquent il est impossible de distinguer, comme dans les autres provinces polonaises, une évolution de l’immunité économique, des étapes dans le développement de l’étendue des exemptions. Le concessionnaire obtenait en principe avec la première charte d’immunité une exemption complète de toutes les charges. Les restrictions que nous notons quelquefois n’étaient pas essentielles (elles concernaient p. ex. surtout les devoirs militaires de la „defensio terrae” etc). En nous basant sur les sources poméraniennes ce n’est qu’avec difficulté que nous pouvons reconstruire le système de charges supprimé par les immunités, qui comprenait: les servitudes municipales, le péage, le guet, la garde, l’expédition militaire, la défense du pays et la charge du conduit, ainsi que la taille en bétail, en blé et le gîte. La „beda” était une taille nouvelle introduite au XIIIe s. Elle était perçue sur ordre spécial du prince après avoir été accordée par les contribuables. Bien peu de personnes ecclésiastiques ou laïques avaient reçu l’exemption de ce nouveau impôt, qui dès lors devait constituer un des piliers principaux de la nouvelle fiscalité du prince.
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