Abstract
L’objectif principal de l’étude est de soutenir la thèse admettant la crédibilité de l’information contenue dans Vita Caroli Magni d’Einhard (cap. 12, 15), relative aux territoires tributaires de la monarchie carolingienne en Germanie entre le Rhin et la Vistule comme résultat d’une grande expédition de l’armée de Charlemagne contre les Vieletes (Wilzen) entreprise en 789. Pour prouver la crédibilité de l’information, l’auteur relève le fait que Einhard, en décrivant l’étendue de l’Etat de Charlemagne, avant d’énumérer les territoires tributaires situés le long de la mer entre le bas Rhin et la basse Vistule ainsi qu’entre la mer et le Danube, énumère conformément à la vérité historique les composants de la monarchie carolingienne aussi en Germanie entre le Rhin et l’Elbe/la Saale (Allemagne, Bavière, Thuringe, Saxe); il note en même temps l’existence des organisations politiques, le plus souvent slaves, celles des Abodrites, Vieletes (la Pomé ranie y compris), Sorbes (avec la Lusace basse et haute), et Tchèques (probablement avec la Moravie et la Silésie).
Il y avait ainsi, en 789, une grande ligue vielete, située entre L’Elbe et la Vistule, avec le,, grand duc” Drogovit, à qui on imposa alors le devoir d’être fidèle et loyal à l’égard de Charlemagne. L’élargissement de la domination carolingienne est compatible avec ce que l’on sait des Vieletes qui, comme Ueltai, avaient vécu au IIe siècle près du Golfe des Wendes (Ptolémée d’Alexandrie), près de l’estuaire de la Vistule. On peut ainsi lier la tradition, ancrée dans la mémoire des peuples slaves, de leur migration du bord de la Baltique (Océan occidental) et la tradition du peuple Welitabe ou Walinjana et du pays Zeriuani (al-Masudi, le „Géographe de Bavière”) comme un berceau des Slaves.
L’introduction de la supériorité tributaire par la monarchie de Charlemagne avait un caractère perpétuel, et non pas celui d’une seule fois ou provisoire. L’affaiblissement de la monarchie des Francs orientaux (843-911) avait pour conséquence un relâchement de la soumission des Vieletes, et, avec le temps, son dépérissement. Au Xe siècle, le successeur de cette monarchie, à savoir le Royaume allemand sous Henri 1er et Otto 1er, restaura la dépendance tributaire, mais uniquement jusqu’à la basse Oder. Le territoire vielete entre l’Oder et la Vistule s’était trouvé entretemps sous la domination des Piasts. Les rois allemands ne pouvaient restituer sa dépendance que par l’intermédiaire de la Pologne. Ayant perdu ses luttes contre les Woliniens et le margrave Gero, Mesco 1er de la famille des Piasts se soumit, environ 963, de la manière tributaire à Otto 1er, en s’obligeant de payer le tribut du territoire de la Poméranie (usque ad Vurtam fluvium, d’après Thietmar de Merseburg).
Ce rapport de dépendance de la Pologne à l’égard de l’Allemagne à cause de la Poméranie durait, avec certaines interruptions, jusqu’à environ 1180,, en prenant temporairement, depuis le traité de Merseburg de 1135, une forme féodale. La désagrégation de la Pologne commencée en 1138, la soumision de la Pomé ranie occidentale s’étant vue affranchir des obligations tributaires par rapport à la Pologne, elle se trouva pour une courte période (1181 -1185) sous la domination directe du Royaume allemand (Reich) pour se soumettre au Danemark (1185-1225,, avec des interruptions) et, enfin, aux La Poméranie orientale (de Gdansk) demeurait dans Pologne jusqu’à environ 1227, mais en 1210 elle devint mark.le rapport tributaireaussi depentandeire avec la du Daneire margraves de Brandenbourg.
L’auteur est ainsi convaincu que c’était l’expédition vielete de Charlemagne de 789 dont résulta l’entrée de la Poméranie future dans la sphère d’influence politique de l’Etat des Francs, suivi du Royaume allemand, et dont résultèrent indirectement la dépendance tributaire de la Pologne à l’égard de l’Allemagne aux Xe - XIIe siècles, le défaut d’une intégration du Duché de Poméranie avec l’Etat des Piasts, et la séparation entre la Poméranie et la Pologne. La dépendance tributaire parallèle de la Pologne de l’Allemagne résulta de l’incorporation de la Silésie dans l’Etat polonais vers la fin du Xe siècle et puis, après une courte interruption de trois ans, en 1041. Ce pays s’était déjà trouvé, au IXe siècle, à cause de la sujétion des Tchèques, et puis des Moraves, parmi les territoires tributaires de l’Etat des Francs, dont l’héritier devint l’Etat allemand. Ce fait avait pour conséquence ce que la Silésie n’allait pas entrer au XIVe siècle dans l’Etat polonais réunifié, le réunificateur n’étant pas définitivement un duc de la ligne silésienne des Piasts comme successeurs légitimes de Boleslas Bouche Torse, le dernier monarque avant la désagrégation féodale.
Funding
Digitalisation and OA co-funded by the Minister of Education and Science (Poland) under contract no. BIBL/SP/0002/2023/1
License
Copyright
© by Faculty of Law and Administration, Adam Mickiewicz University, Poznań, 1989
OPEN ACCESS