Abstract
Juriste, historien, publiciste, périodiquement politicien, personnalité hors ligne, à la foi réflective et pleine de vitalité, comme prise de l’époque de la Renaissance, K. Grzybowski a su au XXe siècle gagner l’estime et la considération dans le millieu universitaire, commençant par sa propre Université Jagellon de Cracovie, et plus tard dans les couches diverses du pays tout entier. Aussi, il a parvenu de former à l’Université sa propre école dont il était à la fois maître reconnu, collègue et même ami, parfois intime. Il écrivait beaucoup: études scientifiques, manuels universitaires, oeuvres de synthèse, nombreux articles ainsi que notes dans les revues et les journaux divers. Il s’occupait du régime politique des pays de l’Europe Occidentale et Orientale, du droit constitutionnel polonais, pour passer plus tard à l’histoire des institutions et des idées politiques commençant d’Aristote jusqu’à nos jours. Avec une formation intellectuelle imbûe de la culture française, profitant également de la connaissance approfondie des sciences humaines d’Angleterre, d’Allemagne, d’Italie, K. Grzybowski était, dès ses premiers ouvrages, un intelectuel européen tout court.
Dans sa jeunesse, influencé par ses maîtres et le milieu familial, il adhérait au parti conservateur. Pendant une dizaine d’années, il était corédacteur de son journal quotidien „Czas” (Le Temps). Mais, conservateur du type anglais, détestant les totalitarismes et attaché profondement au régime parlementaire, il subit, surtout dans les années de la II-iéme Guerre Mondiale une évolution, qui, en 1946, l’avait amené dans les rangs du Parti Socialiste Polonais (PPS). A l’époque, en participant aux réformes fondamentales, il estimait de pouvoir faire contrepoids au communisme totalitaire répresenté en Pologne d’après guerre par le Parti Ouvrier Polonais (en polonais: PPR). Quand en 1948 le parti socialiste fût de facto absorbé par les communistes, K. Grzybowski se trouva hors des rangs du Parti Ouvrier Polonais Unifié.
Il profitait de l’autonomie recouvrée dans les limites à l’époque possibles. Dans la science il se concentra sur les études du passé, parfois lointain, en écrivant un livre sur la théorie de la répresentation en Pologne à l’époque de la Renaissance et en le dédiant à la mémoire du roi Sigismond Auguste, dernier Jagellon sur le trône polonais et lituanien. Ses articles et ses notes concernants des thèmes divers furent ensuite publiés, en choix, dans deux volumes intitulés Reflexions sceptiques, le titre exprimeant bien leur idée maîtresse, imbûe de rationalisme, de la tendance demystificative.
Professeur à la chaire d’Histoire des idées politiques et juridiques de l’Université Jagellon fondée pour lui en 1962, il rédigeait des manuels appréciés de cette discipline nouvelle dans l’enseignement universitaire en Pologne. Elu à l’Académie Polonaise des Sciences (1969), président de la Société Polonaise des Sciences Politiques, K. Grzybowski jouissait d’une position de choix dans les milieux intellectuels. Il s’en montra digne dans l’an 1968 en s’opposant à la vague de la répression dirigée contre le „révisionisme”. Il s’abstenût alros à sa publicistique chérie, en se consacrant à la rédaction d’un volume fondamental consacré aux institutions et systèmes juridiques fonctionnants au XIX-ième siècle en Pologne subjugée aux trois puissances environantes. Au cours de cet travail un accident insensé a rompu le fil de son vie. La lacune advenue n’est pas comblée.
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