Abstract
Comme l'exemple de la critique du droit romain en Pologne à l’époque des lumières, Stanisław Salmonowicz cite le dialogue entre Solon et Justinien, publié en 1770 dans la revue titré Zbiór różnych wiadomości (Recueil des diverses informations). En réalité, ce dialogue n’est qu’une anonyme traduction polonaise des dialogues écrits par Fénelon, dans lequel ce célébre pédagogue et moraliste explique à son élève qui était Louis, prince de Bourgogne, dauphin de la France, les deux manières de la définition du rôle du droit: Doivent être les lois claires, simples, brèves et constituentes seulement les principes généraux, ou elles doivent régler minutieusement tous les cas de fait possibles et exiger nécessairement l’interprétation juridique très profonde? Solon nie les réussites du droit romain de l’époque de l’Empire, notamment celles du droit de Justinien; il n’apprécie que la loi des XII Tables. Par contre, Justinien juge le droit romain favorablement. D’après lui, sa valeur consiste dans la perfection formelle développée par les savants juristes. Dans son dialogue entre Solon et Justinien, Fénelon relève deux principales fils de la critique du droit romain, laquelle plus tard sera continuée par les philosophes et les juristes des Temps des lumières. Avant tout, Solon critique le droit romain pour le manque d'homogénéité qui exige l'emploi de l’interprétation toujours dangereuse pour la pratique. Il l’accuse aussi de ne pas avoir les valeurs morales. La traduction polonaise du dialogue en question a parue deux fois dans la seconde moitié du XVIIIe s. Pour la première fois, il y est arrivé en 1770, quand est sortie l’édition anonyme mentionnée ci-dessus. Dans les années 1785 et 1786, on l’a réédité dans le recueil des dialogues morts de Fénelon, publié à Varsovie. Les deux éditions du même oeuvre donnent la preuve qu’en Pologne le dialogue entre Solon et Justinien sur le rôle du droit romain était surement bien pris. L’ auteur l’explique par la traditionnelle réserve de la noblesse polonaise à l'égard du droit romain, ainsi que par la vulgarisation de la doctrine du droit naturel à l’époque des lumières. Les „lumièristes” polonais se référaient volontairement à la source de la critique du droit romain en XVIIIe siècle, c’est-à-dire à l’oeuvre de Fénelon.
Funding
Digitalisation and OA co-funded by the Minister of Education and Science (Poland) under contract no. BIBL/SP/0002/2023/1
License
Copyright
© by Faculty of Law and Administration, Adam Mickiewicz University, Poznań, 1988
OPEN ACCESS