Abstract
L’article est un fragment d’une étude plus vaste sur la pensée politique des utopies sociales. Tout d’abord, l’auteur entreprend l’analyse du terme: „utopie sociale”. Malgré les tendances actuelles visant à élargir le sens de ce terme, il propose de reconnaître comme utopie sociale des images totales et imaginaires d’un régime idéal, représentées toujours sous une forme spécifique, et qui ne montrent pas, selon l’avis des contemporains ou selon l’état actuel de la connaissance, les moyens et les institutions du passage à ce régime. Et du moins que, en apparence, les utopies sont éloignées de la réalité, on peut dire que le régime, la façon de vie et les moeurs des utopiens sont conformes à la pleine connaissance de l’utopiste et représentent son interprétation de l’expérience historique et politique d une époque. On peut les traiter comme forme spécifique permettant expliquer les idées politiques et sociales de leurs auteurs. L'artifice d’exposition ne doit pas masquer les éléments concrets et réalistes de la réflexion. La genèse des utopies aussi que de la plupart d’autres doctrines politiques montre qu’elles ont germé dans l’esprit des hommes avec le dessein de remédier aux inconvénients et aux défauts de l’Organisation politique et sociale de leur temps. Plus d’une fois les idées respectives d’une utopie ont marqué les aspirations et les actions humaines visant à perfectionner la vie collective.
Les différentes idées se retrouvent et s’entrelacent chez les utopistes de la Renaissance, par exemple: collectivisme et individualisme, idéalisme et utilitarisme, les ideés novatrices ou même dépassantes l’époque et les idées traditionnelles. Les droit et la société. Il est donc difficile de fixer précisement tous les aspects de la participation compliquée des utopies à la discussion politique du XVIe siècle.
L’auteur de l’article soulignant le caractère novateur et très composé de la Renaissance, montre que l’humanisme avec sa nouvelle conception de l’homme et du monde, la vie et les courants intellectuels de l’époque aussi que l’utilitarisme et les conséquences sociales considérables et parfois négatives des transformations dans tous les domaines de l’activité et de la pensée ont servi pour base aux conceptions d’un régime idéal. L’idée de l’Etat et les problèmes de la vie économique et sociale sont maintenant au centre de ces conceptions. Les utopies dé la Renaissance manifestent, plus ou moins clair, les tendances générales de l’époque aussi bien dans le contenu que dans la forme. Cela permet de considérer par exemple la pensée de Thomas More, malgré les traits nettement individualisés, comme caractéristique pour l’époque.
Presque toutes les utopies de la Renaissance contiennent les critiques directes ou indirectes de la réalité et montrent les défauts de l’organisation sociale et les vices du régime monarchique de l’Europe féodale. Une société nouvelle qui s appuie sur la justice suppose un fondement totalement différent: la communauté des biens, l’égalite, le devoir universal du travail, la participation des citoyens à l’activité de l’Etat.
Ensuite l’auteur étudie les problèmes concrets esquissés dans les utopies de la Renaissance. En aucun domaine les critiques ne sont plus nombreuses et plus pressantes que dans celui du problème de la propriété. Bien que les différents éléments de l’idée de propriété collective se retrouvent chez presque tous les utopistes de la Renaissance, ce n’est que dans la pensée de Thomas More et de Thomas Campanella que l’on peut dire que cette idée constitue la base de toute leur vision du monde. Particulièrement la critique profonde de la propriété privé contenue dans l’Utopie de Thomas More lui a permis de formuler une idée frappante: L’Etat — expression des intérêts de la classe dominante („conspiration des riches"). Et ce n’est que cette idée qui, aux siècles suivants, a connu un grand succès dans les programmes révolutionnaires.
En comparaison aux certaines autres doctrines du XVIe siècle, il faut constater que la contribution des utopies de la Renaissance au mouvement des idees politiques est grande de même que différenciée. Dans le composé de la pensée des utopistes on trouve des idées déjà plus ou moins connues aussi que des idées qui apportent de réels nouveautés et se distinguent par leur ampleur, leur universalité ou leur originalité. Entre elles ce sont des idées politiques qui tiennent la place importante.
Il est donc surprenant que la vision générale de l’Etat est peu distincte. Elle ’entrelace avec celle d’une structure sociale simple, égalitaire et homogène, presque sans différenciation des groupes sociaux. Mais il est incontestable que ce ne sont que les grandes utopies de la Renaissance qui apportent une richesse de problèmes et de postulats politiques. On y trouve les éléments d’une économie planifiée, le postulat d’une liaison étroite et indirecte de la vie économique avec le régime politique, les idées résultant du mouvement religieux (la tolérance, l’irénisme, la non-conformité de la morale avec l’athéisme), l’égalitarisme, l’idée de la résistance à la tyrannie, le pacifisme avec l’expansionnisme idéologique, le principe de l’omnipotence de l’Etat, les idées qui marquent la croissante nationalisation des Etats, quelques éléments de la conception de souveraineté de la nation et de séparation des pouvoirs etc.
Les grandes utopies de la Renaissance ont contribué à diversifier les orientations de l’époque, à élargir l’éventail des problematiques. Elles ont préparé le terrain où viendront s’édifier des constructions nouvelles. Elles ont une importance non seulement historique mais aussi actuelle.
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