Abstract
Après avoir publié la version polonaise du Code d'Ur-Nammu (Czasopismo Prawno-Historyczne, t. X/2), l'auteur — en réalisant son projet de traduction en polonais des principaux monuments du droit sumérien et akkadien, et en les pourvoyant de commentaires historiques et juridiques — présente dans son articile la traduction du code sumérien de Lipit-Isntar ainsi que des commentaires sur ce code.
Il fait d'abord l'historique de la découverte et du déchiffrement des fragments du Code de Lipit-Ishtar, et présente ensuite une caractéristique succincte du règne de ce législateur ainsi qu'une description des tablettes contenant les fragments du code.
La partie IV de l'article constitue la première traduction en langue polonaise du dit code, tandis que la partie V-un commentaire historique et juridique, où les prescriptions du code sont comparées aux prescriptions analogues du code sumérien d'UrNammu et des codes akkadiens de Bilalama et de Hammurabi. L'auteur souligne à ce propos la ressemblance surprenante de la teneur et de la forme de l'introduction et de l'épilogue du Code de Lipit-Ishtar et du Code de Hammurabi. La dernière partie de l'article est consacrée à l'appréciation de l'importance du Code de Lipit-Ishtar.
De l'avis de l'auteur, la division de ce code, la teneur et la forme do l'introduction et de l'épilogue, les genres de rapports juridiques réglés dans la partie normative, ainsi que les normes concernant ces rapports — rappellent vivement d'autres codes sumériens et akkadiens connus, et témoignent de l'existence d'une longue tradition législative. Quant à la caractéristique de l'Etat de Lipit-Ishtar — celui-ci accuse, à juger d'après le code de ce roi, une analogie avec l'Etat du roi Ur-Nammu.
L'introduction au Code de Lipit-Ishtar comprend une précieuse mention attestant que l'organisation familiale du temps du règne de ce roi avait un caractère patriarcal, respectivement fratriarcal, et que celle-ci traversait alors une crise due probablement à l'aggravation des conditions économiques des masses de la population.
Lipit-Ishtar, de même qu'Urakagina et Hammurabi, apparaît comme réformateur de la société, dont la tâche consiste à affranchir les hommes libres, mais économiquement plus faibles, de l'oppression de la part des riches, à rétablir la paix, à uniformiser le droit et à établir la justice dans tout l'Etat.
Le Code de Lipit-Ishtar nous permet non seulement de connaître de nombreuses règles sumériennes de droit, mais nous rend possibles aussi les recherches concernant l'évolution du droit en Mésopotamie après le déclin de la IIIe dynastie d'Ur, ainsi que l'établissement du rapport existant entre le droit sumérien et akkadien. Le code sumérien en question jette également une lumière toute nouvelle sur le Code de Hammurabi, mais des analyses aprrofondies ainsi que de nouvelles découvertes de sources juridiques cunéiformes sont encore nécessaires, afin qu'on puisse expliquer d'une façon satisfaisante le rôle qu'ont joué au moment de la rédaction de ce dernier code les recueils de droit plus anciens. D'autre part, l'admission par Hammurabi du principe du talion — ce qui constitue un grand pas en arrière en comparaison des codes sumériens connus et du Code de Bilalama — représente une vraie énigme.
Ainsi, à l'heure actuelle la confrontation du Code de Lipit-Ishtar et du Code de Hammurabi exige une grands prudence, ainsi qu'une conscience continuelle du fait que Hammurabi n'a admis textuellement aucune règle du Code de Lipit-Ishtar. que les rapports juridiques dans le Code de Hammurabi sont réglés d'une manière plus systématique, et que les sanctions y sont beaucoup plus sévères.
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