Kolonizacja na prawie niemieckim w Polsce a rozwój renty feudalnej
Okładka czasopisma Czasopismo Prawno-Historyczne, tom 3, rok 1951
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Słowa kluczowe

Pologne médiévale
colonisation de droit allemand
rente féodale
servage et corvée
évolution économique féodale

Jak cytować

Kaczmarczyk, Z., & Sczaniecki, M. (1951). Kolonizacja na prawie niemieckim w Polsce a rozwój renty feudalnej. Czasopismo Prawno-Historyczne, 3, 59–86. https://doi.org/10.14746/cph.1951.05

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Abstrakt

Le problème de la colonisation de droit allemand en Pologne a été au cours de dernières années étudié par de nombreux savants polonais et étrangers. Plusieurs problèmes dans ce domaine ont été approfondis et élucidés comme en particulier celui du caractère ethnique de la colo­nisation. Il est aujourd’hui devenu incontestable que la „colonisation de droit allemand” constitue une appellation très défectueuse de ce phéno­mène d’ordre économique et social par lequel à partir du début du XIIIe siècle les villages en Pologne ont obtenu un nouveau statut juridique (sorte d’autonomie avec les sculteti en tête) et un nouveau régime écono­mique dont le trait essentiel consistait dans la transformation de toutes les redevances paysannes traditionnelles en cens. En même temps, les agglomérations urbaines s’organisèrent en villes sur le modèle des villes allemandes (Magdebourg et Lubeck en particulier). Le rôle d’élément ethnique allemand a été dans ce processus historique de beaucoup moins important que l’on ne croyait il y a encore quelques dizaines d’années. Il faut même admettre que le même processus économique et social se serait produit en Pologne même dans le cas si les influences ethniques allemandes ne s’étaient point manifestées. Il y en a cependant d’autres problèmes importants de la colonisation allemande qui attendent encore leur solution, surtout ceux concernant les origines de la colonisation et l’explication de son rôle économique Les auteurs se proposent d’exa­miner seulement un des problèmes de la colonisation du point de vue de la méthodologie marxiste, celui notamment des rapports entre la colo­nisation allemande et la théorie marxiste de l’évolution de la rente féodale. Ce fut Charles Marx qui a bien précisé les trois étapes succes­sives de l’évolution de la rente féodale, qui au début payée en travail, le fut ensuite en nature pour devenir dans le dernier stade rente en argent. C’est justement la rente féodale qui caractérise d’une façon essentielle les rapports de production. L’évolution de la rente féodale est aussi et non sans raison considérée par de nombreux savants russes comme criterium pour la périodisation de l’histoire russe (Basylevitch) ou bien de l’histoire des paysans en Russie (Grekov).

En considérant les traits essentiels de l’évolution historique de la Pologne on pourrait croire que ce fut déjà la „colonisation allemande” qui au XIIIe s. introduisit la rente payée en argent pour remplacer les formes antérieures de la rente féodale. Cependant, à partir de la fin du XVe siècle jusqu’au XVIIIe l’économie polonaise commence à se caractériser par la grande propriété foncière féodale exploitée surtout dans les réserves seigneuriales par les corvées. Ce fut alors la rente payée en travail qui devint à cette époque la forme la plus répandue de l’exploitation féodale. On pourrait donc croire à une régression du déve­loppement économique de la Pologne, survenue à cette époque, à un retour à une forme de rente plus primitive d’une forme de beaucoup plus évoluée. Un problème semblable se pose pour tous les pays situées à l’Est de l’Elbe. Il peut évidemment avoir de divergeances dans le développement économique des pays de l’Europe Centrale et Orientale d’une part et le schéma de l’évolution de la rente féodale, établie par Charles Marx qui correspond, sans doute, à l’histoire économique de l’Europe Occidentale. Rappelons le fait bien connu que notamment en Europe Occidentale l’époque féodale suivit directement celle de la com­munauté primitive. Sommes-nous donc autorisés à admettre des diver­geances essentielles aussi en ce qui concerne le développemment posté­rieur de la féodalité, notamment dans l’évolution de la rente féodale en Europe Occidentale et en Europe Orientale?

C’est pour ces raisons que les auteurs s’intéressent à deux problèmes d’importance: 1. La „colonisation de droit allemand” introduisit-elle en Pologne du XIIIe et du XIVe siècles la rente féodale payée en argent; et ensuite, ce type de rente devint- il le type de rente féodale dominant? 2. L’extension du régime des réserves exploitées par la corvée consti­tua-t-il une véritable régression dans l’évolution de la rente féodale en Pologne?

A l’epoque antérieure à la „colonisation de droit allemand” (jusqu’à la moitié du XIIIe s.) l’exploitation de la grande propriété féodale a été basée sur la rente payée en travail et sur la rente en nature. Aux XIIIe et XIVe siècles cette exploitation se fait sous la forme de la cen­sive. La censive constitue le trait typique du régime économique de la „colonisation de droit allemand”, elle l’est devenue aussi dans les „villes polonaises”, c’est-à-dire celles où le droit allemand ne fut pas formelle­ment introduit. Il se pose, par conséquent, le problème capital: le cens fut-il payé en argent ou en nature? Les études sur la colonisation alle­mande en Pologne ne donnent pas de réponse assez nette. L’examen très sommaire des sources a amené les auteurs à la conviction que le numé­raire jouait un rôle restreint dans la solution du cens même dans les villages „de droit allemand”, d’autant plus dans les „villages polonais” (plus nombreux que les villages allemands), le cens en nature consti­tuait la forme la plus courante de la rente féodale encore au XVe s. Tout ce problème est d’ailleurs très embrouillé par la question des dîmes ecclésiastiques. Les auteurs constatent qu’en Pologne il s’est produit à la suite d’un développement tout particulier des dîmes ecclésiastiques une confusion des redevances payées au propriétaire du village (cens) et des redevances dues aux églises (dîmes) (problème de l’Eigenkirchen­recht). Les auteurs n’hésitent pas de considérer les dîmes comme char­ges féodales entrant dans les cadres de la rente féodale. La valeur des dîmes dépassait souvent celle des cens. Et, comme d’autre part, les dîmes furent bien souvent payées en nature, les auteurs y voient un des arguments des plus importants à l’appui de leur thèse sur la prépon­dérance de la rente en nature sur la rente en argent à l’époque du XIIIe au XVe siècle.

L’autre problème, aussi important que le précédent, est celui de la rente féodale aux XVIe—XVIIIe siècles. En Pologne, comme dans les autres pays de l’Europe situés à l’Est de l’Elbe, on observe alors une aggravation du servage — la réserve seigneuriale, exploitée par les serfs corvéables, devient type caractéristique de l’économie de ces pays. Y avait-il alors un retour à la forme primitive de la rente, celle de la rente payée en travail? Il faut toujours prendre en considération une différence essentielle entre la rente en travail du haut moyen âge et celle de l’époque moderne, la première étant destinée à la consommation dans les cadres de la grande propriété, l’autre l’étant cependant à la produc­tion et à la vente au marché. La rente en travail du XVIe ou du XVIIe s. constitue une forme nouvelle de rente par rapport à la rente en travail du XIIIe s. Il faut alors traiter la régression de la forme de la rente dans les pays de l’Europe Centrale et Orientale à l’époque moderne avec de sérieuses restrictions.

Au moyen âge l’économie pécuniaire était de beaucoup moins déve­loppée à l’Est de l’Elbe qu’en Europe Occidentale. En effet, l’extension rapide de la rente féodale en argent dans les pays occidentaux les a con­duit vers des formes capitalistes; leur apparition en fut la conséquence nécessaire. Autrement en Pologne et dans les autres pays agricoles à l’Est de l’Elbe, où la rente en argent n’a pas joué au moyen âge un rôle aussi important, pour pouvoir aboutir directement à des formes capitalistes et où encore à l’époque de la grande extension du marché européen aux cé­réales (XV/XVIe s.) les seigneurs ont su revivre les formes féodales d’exploitation des serfs afin de mettre à leur profit les revenus d’agri­culture.

L’étude présente constitue un essai d’application de la méthode mar­xiste à la solution de certains problèmes importants du moyen âge po­lonais. Les auteurs croient avoir démontré que la théorie marxiste de l’évolution de la rente féodale est effectivement très féconde pour les études historiques. Les résultats présentés ci-dessus, trop sommaires souvent, demandent d’être approfondis et vérifiés dans les détails. 11 s’impose surtout la nécessité de pousser à fond les études sur les relations mutuelles entre les différentes formes de la rente féodale à travers les époques diverses. Une telle méthode semble être capable d’assurer dans l’avenir des résultats très importants mettant en même temps au point la discussion traditionnelle sur le rôle de l’économie argent et de l’économie nature dans l’évolution historique de l’époque féodale.

https://doi.org/10.14746/cph.1951.05
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