O organizacji i działalności Rad Delegatów Robotniczych i Chłopskich w Polsce 1918—1919 roku
Okładka czasopisma Czasopismo Prawno-Historyczne, tom 6, nr 2, rok 1954
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Słowa kluczowe

mouvement révolutionnaire polonais
lutte des classes et pouvoir prolétarien
Social-Démocrate du Royaume de Pologne et de la Lituanie
Parti Socialiste Polonais
Parti Ouvrier Communiste de Pologne

Jak cytować

Rybicki, Z. (1954). O organizacji i działalności Rad Delegatów Robotniczych i Chłopskich w Polsce 1918—1919 roku. Czasopismo Prawno-Historyczne, 6(2), 28–77. https://doi.org/10.14746/cph.1954.6.2.02

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Abstrakt

La victoire de la Grande Révolution d'Octobre, ainsi que l'organisation du premier Etat de type nouveau qu'ait connu l'histoire, (suscitent l'effervescence du prolétariat révolutionnaire. De même, l'instauration du pouvoir soviétique en Russie fait écho dans les masses de travailleurs en Pologne, liées à la classe ouvrière russe par la tradition de lutte commune contre te tsarisme.

Grâce à la victoire de la révolution prolétarienne en Russie, l'Etat indépendant de Pologne s'était constitué. Les classes exploiteuses renforçaient précipitamment leur système de contrainte, préparé avec l'aide des Etats impérialistes. Toutefois la tension du mouvement révolutionnaire des masses travailleuses en Pologne était trop forte, pour que la bourgeoisie eût le courage de dévoiler son caractère réactionnaire.

Afin d'établir leur pouvoir, les classes bourgeoises firent usage de leurs agences dans le mouvement ouvrier, que formaient les socialistes de droite, pour arrêter les premiers assauts des masses travailleuses. Tels furent les rôles du gouvernement de Lublin — de Daszyński, et de celui de Varsovie — de Moraczewski. La bourgeoisie de l'Europe occidentale et de l'Amérique s'empressa de venir en aide aux exploiteurs bourgeois polonais dans leur lutte contre le mouvement révolutionnaire. Les missions militaires, les voyages de spécialistes militaires, les fournitures d'armes — tout cela devait renforcer la réaction polonaise contre son propre prolétariat et contre l'Etat Soviétique.

Les masses laborieuses polonaises, en luttant pour le pouvoir sous la direction du parti Social-Démocrate du Royaume de Pologne et de la Lituanie, et ensuite, après sa fusion avec la gauche du Parti Socialiste Polonais (PPS), sous celle du Parti Ouvrier Communiste de Pologne (KPRP), — constituèrent des Conseils de Délégués Ouvriers, ainsi que des Conseils de Délégués Paysans, en tant que l'une des formes de cette lutte. L'action visant la costitution des conseils était particulièrement intense sur le territoire de l'ancien Royaume du Congrès, où les traditions de lutte contre, le tsarisme, ainsi que l'union avec la classe ouvrière russe étaient les plus fortes. Les conseils se formaient en masse et étaient très actifs. Là aussi, grâce à l'influence du KPRP, les conseils avaient l'aspect le plus révolutionnaire. La bourgeoisie, voulant faire face au danger de révolution que créaient les conseils, tâchait d'augmenter l'action de diversion du PPS au sein de ces conseils. Les dirigeants de la droite du PPS s'efforcèrent tout d'abord d'engager une partie des ouvriers à se retirer des conseils. Lorsqu'ils échouèrent, ils organisèrent leurs propres conseils. Le but de ces derniers était de détourner une partie du prolétariat de la lutte révolutionnaire des conseils se trouvant sous l'influence du KPRP. Ces tentatives s'avérèrent sans résultat. La pression des masses était si forte que les dirigeants du PPS étaient obligés de consentir la constitution des conseils représentant l'ensemble des travailleurs. Ainsi les socialistes de droite, en participant aux conseils,
avaient pour but d'affaiblir les conseils et d'empécher leur activité. 

Néanmoins, dans les conseils, où les communistes avaient la majorité, l'activité se développait. C'est ainsi que le Conseil de Délégués Ouvriers du Bassin de Dąbrowa établit le contrôle de la production industrielle de la majorité des fabriques, fonderies et mines du Bassin. Il infligeait des punitions aux industriels récalcitrants, et en cas de sabotage de leur part-prenait la direction de rétablissement. Ce conseil institua une force armée ouvrière — la Garde Rouge, qui assurait la protection du conseil et garantissait l'accomplissement par les fabricants de leurs obligations.

De nombreux Conseils de Délégués Paysans de la voïévodie de Lublin assumèrent l'administration des domaines seigneuriaux en éliminant les propriétaires-exploiteurs. Le Conseil de Délégués Ouvriers de Varsovie limita les profits capitalistes des propriétaires de maisons de rapport, en soumettant celles-ci au contrôle des ouvriers. La compétence des conseils était diverse. Elle dépendait du degré d'organisation du prolétariat, des dirigeants du parti, des conditions locales etc.

Dans certains milieux, comme en Posnanie, ou en partie dans l'ancienne Galicie, la bourgeoisie réussit à freiner la lutte des conseils, bientôt après leur formation, à l'aide d'organisations de diversion au sein du mouvement ouvrier. Toutefois, dans nombre de centres la diversion organisée par le PPS fut liquidée avec succès par les communistes pendant un temps assez prolongé. Mais lorsque la bourgeoisie arriva à renforcer son système gouvernemental de contrainte — elle dirigea ses forces contre les conseils, afin de les anéantir. Par une attaque concentrée de la réaction, en 1919, les conseils de Délégués Ouvriers et Paysans furent supprimés. Les erreurs dommises par le KPRP, telles que la sous-estimation de l'union entre ouvriers et paysans ainsi que du rôle du parti, la foi en la chute automatique du capitalisme — ne furent pas sans exercer une influence sur le sort des conseils.

Les Conseils de Délégués Ouvriers et Paysans, dirigés par l'héroïque KPRP constituent un bel exemple dans l'histoire de la lutte pour le pouvoir des masses laborieuses révolutionnaires en Pologne. Ces conseils, en 1918—1919, représentent une forme d'organisation de cette lutte. Ils mobilisaient les ouvriers et les gens pauvres de la campagne pour une action dirigée contre l'exploitation par les bourgeois et les seigneurs, et indiquaient le chemin conduisant à l'Etat prolétaire dans lequel l'homme ne serait pas exploité par un autre homme.

L'union constante et étroite avec les masses constituait l'un des principaux facteurs de la force et de l'autorité des conseils. Dans de nombreux cas ceux-ci devenaient organes primitifs du pouvoir prolétaire. Ils procédaient à des mesures de contrainte vis-à-vis des bourgeois et des grands propriétaires fonciers, organisaient d'une manière prolétarienne la production agricole et industrielles, développaient une activité dans le domaine de l'instruction et de la culture.

La période limitée de l'activité des conseils ne leur avait pas permis d'élargir à tout le pays et de développer le domaine de leurs travaux. Néanmoins, l'existence et l'activité des conseils, en 1918 et 1919, a été pour les masses laborieuses une école leur enseignant l'art de gouverner, et un témoignage prouvant que la gestion des affaires de l'Etat par les ouvriers et les paysans, par l'intermédiaire des conseils, est possible.

https://doi.org/10.14746/cph.1954.6.2.02
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