Abstrakt
L'article a pour objectif de faire connaître la part que prirent les représentants de Lublin — une des plus grandes villes polonaises — aux diètes de l'ancienne République de Pologne, s'étant réunies aux XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles.
La première partie de l'article a trait aux importants privilèges politiques dont jouissaient les plus grandes villes polonaises, entre autres Lublin, à l'époque précédant en Pologne la formation de la diète nobiliaire et l'acquisitionpar la noblesse d'une prépondérance politique absolue. A cette époque, grâce à l'appui dont bénéficiaient les villes de la part d'un pouvoir royal encore fort, les représentants des villes plus importantes participaient aux assemblées générales, ce qui fut reconnu en droit également. Avec le temps, la noblesse réussit à écarter les représentants des grandes villes — y compris ceux de Lublin — des assemblées générales dont les décisions s'étendaient à tout le pays. Cela eut lieu définitivement au commencement du XVI siècle. Seules quelques villes maintinrent le droit d'envoyer leurs nonces dans les diètes, mais cela devint aussi avec le temps — souvent par suite de nègligence — un privilège sans valeur, vu que la noblesse ne comptait pas avec les représentants des villes. Néanmoins quelques unes des villes les plus importantes au point de vue économique continuaient à envoyer des nonces dans les diètes nobiliaires pour la défense de leurs intérêts. Parmi ces villes se trouvait Lublin, qui était en mesure de couvrir les frais de voyage de ses nonces. D'autre part Lublin jouissait de privilèges plus étendus que les villes en général, attendu que les rois avaient invité ses représentants aux diètes dès le début de l'existence de celles-ci, et qu'ils avaient réglé, vers la moitié du XVIe siècle, la question de l'élection de ses nonces.
Dans la seconde partie de l'article, l'auteur examine des faits établis d'après les sources, témoignant de la participation continue aux diètes durant trois siècles des représentants de Lublin. Les mentions les plus rares sont à noter dans le courant de la seconde moitié du XVIe et le début du XVIIe siècle et les plus nombreuses vers la fin de la période en question. L'auteur examine entre autres les instructions que les nonces recevaient de la ville avant leurs départs pour les diètes. Elles permettent de définir clairement le caractère de leurs missions. Il y est question de contacts des représentants de Lublin avec les représentants d'autres villes pendant les débats à la diète, de dépenses faites par la ville en rapport avec les voyages des nonces et de la façon de les couvrir. La participation des représentants de Lublin à la Grande Diète de 1788—1792 est traitée avec le plus de détails. L'auteur constate à la fin du chapitre que les faits mentionnés ci-dessus ne sont pas connus jusqu'à présent dans la littérature polonaise, tant historique que juridique.
Dans le troisième chapitre il est question du rôle joué dans les diètes par les nonces de Lublin et du caractère de leur mission. L'envoi de représentants apportait à la ville des profits, car ils veillaient sur les affaires de leur cité, en s'appliquant entre autres à lui obtenir l'exonération des charges publiques. Les nonces de Lublin ne réglaient pas eux-mêmes ces affaires mais le faisaient par l'intermédiaire des nonces et des sénateurs de la noblesse, qui étaient rémunérés des services rendus. Ils est question plus loin de publications parues jusqu'à présent et concernant la participation aux diètes des représentants de Lublin et des autres villes les plus importantes. Leurs auteurs, et en particulier S. Kutrzeba et J. Ptaśnik , fondaient leurs opinions sur des considérations juridiques et formelles, et ou bien refusaient d'attribuer aux envoyés des villes la qualité de nonces, ou bien affirmaient que l'envoi de nonces était conditionné par des privilèges spéciaux accordés à certaines villes seulement. Cela n'est pas juste, vu qu'en comparant la situation aux diètes des nonces de Lublin et celle des nonces d'autres grandes villes, nous constatons que le rôle des nonces de Lublin, ne bénéficiant pas de privilèges spéciaux, n'était guère plus effacé que celui des représentants d'autres villes — entre autres de ceux de Cracovie — ces représentants étant amenés à jouer le rôle passif de spectateurs. Il est possible que les nonces de Lublin acquirent de l'importance au XVIIIe siècle, lorsque leurs signatures apparurent en rapport avec les élections des rois de Pologne. L'examen de la nomenclature servant à désigner les représentants de Lublin aux diètes porte à conclure qu'ils étaient qualifiés de nonces, nuntii, ou d'ablégats. Cette conclusion est corroborée par les données sur la qualité de ces nonces, issus de la borgeoisie la plus influente, ainsi que par le fait qu'ils n'étaient pas délégués d'office, mais élus avec la participation de la populace de la ville, et qu'après leur retour ils étaient tenus de faire un rapport public. Les efforts de Lublin ainsi que des autres grandes villes, tendant à être représentées aux réunions des diètes, firent que la classe dirigeante de la noblesse se vit obligée, encore avant l'époque de la Grande Diète, de leur prêter son attention, ce qui se traduisit par des tentatives de réglement en droit de cette question (p. ex. dans le projet de lois d'André Zamoyski).
L'auteur conclut en constatant que Lublin, tout en n'étant pas à même d'égaler certaines villes plus importantes au point de vue économique et jouissant de privilèges plus étendus, tachait néanmoins avec persévérance de les égaler en ce qui concerne la représentation aux diètes. Le caractère des nonces de Lublin répondait à celui des nonces d'autres villes. Les nonces de Lublin ne jouaient pas un rôle de même importance que ceux de la noblesse, mais il faut leur attribuer quand même les traits d'une institution d'une valeur réelle parmi celles de l'époque.
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